3. Les nouvelles routes

En 1749, la pleine possession du territoire de Meyrin va permettre à la France de réaliser son projet de nouvelle route reliant Lyon à Genève, en gestation depuis une dizaine d’années. L’ancienne voie, aménagée sur la rive gauche du Rhône, traversait des terres genevoises et savoyardes, où les marchandises étaient soumises à des péages. Le nouveau tracé préconisé par les ingénieurs des Ponts et Chaussées est situé sur la rive droite du Rhône, soit bien plus au nord que le précédent et entièrement en France. Trois routes rectilignes sont réalisées de 1753 à 1760 : la première du Fort de l’Écluse à Farges, la deuxième de Farges à Saint-Genis et la troisième de Saint-Genis au carrefour du Bouchet, soit à la frontière genevoise. La France espérait que ce dernier tronçon serait prolongé jusqu’à la porte de Cornavin, à l’entrée de la ville, mais les Genevois refusèrent, car il aurait fallu empiéter sur plusieurs domaines patriciens.

Quelques années plus tard, un second projet routier va confirmer l’importance de Meyrin. En 1767, Voltaire convainc Choiseul, ministre de Louis XV, de créer une ville neuve à Versoix, dans le dessein de concurrencer et d’affaiblir Genève. Il est cependant indispensable d’établir une route afin de relier la future ville au nouvel axe Lyon-Genève, tout en évitant le territoire genevois. En une année, on construit cette « route de contournement » dont le point de départ est le carrefour de Meyrin. Au sortir de ce village, elle gagne en ligne droite l’agglomération de Ferney, où réside Voltaire. Elle poursuit son tracé rectiligne jusqu’à la pointe nord de l’enclave genevoise de Genthod, qu’elle évite avant de rejoindre, par une ligne brisée, l’ancien bourg de Versoix et la route du lac.

Isabelle Roland