4. Le duc de Choiseul

Étienne-François de Choiseul-Beaupré-Stainville, aristocrate lorrain né en 1719, comte, puis duc de Choiseul et duc d’Amboise, s’illustre durant la guerre de succession d’Autriche. Ambassadeur à Rome, ensuite à Vienne, soutenu par Mme de Pompadour, favorite du roi Louis XV, il est nommé en 1758 secrétaire d’État aux Affaires étrangères, puis à la Guerre et à la Marine : il dirige la France, pendant une douzaine d’années, avec les pouvoirs d’un premier ministre.

Grand travailleur, affable, bon courtisan, c’est un habile politique, parfois cynique. À la fois homme d’esprit et homme d’action, il est aussi l’allié et le protecteur des philosophes et des parlementaires, contre le parti des dévots. Il contribue à la suppression de la Compagnie de Jésus.

Il réorganise l’armée, modernise la marine, développe le commerce colonial avec les Antilles. Il signe en 1763 le traité de Paris qui met fin à la Guerre de Sept Ans (où la France perd le Canada et la Louisiane). Il réunit la Lorraine (1766) et la Corse (1768) à la France.

Vingt ans durant, le duc de Choiseul entretient avec Voltaire, sa « marmotte suisse », une correspondance au ton souvent amical et enjoué. C’est grâce à lui que Voltaire obtient d’être exempté des droits de mutation pour l’achat de la seigneurie de Ferney et que soient maintenues les franchises douanières.

Choiseul le soutient dans l’affaire Calas et lors de la publication du Dictionnaire philosophique. En 1767, lors des troubles de Genève, il apporte son appui au projet de ville fortifiée et de port à Versoix qui enthousiasme Voltaire.

En 1770, Mme Du Barry, nouvelle favorite du roi, ainsi que le duc d’Aiguillon, l’abbé Terray et Maupéou, discréditent le duc auprès de Louis XV : il est exilé pendant quelques années à Chanteloup, en Touraine, où il meurt en 1785. La disgrâce du duc sera l’occasion de multiples remises en question du projet de ville nouvelle et de port à Versoix.