Inqualifiable

 Comment parler de lui – peut-on qualifier l’inqualifiable ?


Nous croyons devoir prévenir le lecteur que, vu l’insuffisance et le peu de richesse de la langue, il trouvera dans ce qui va suivre une répétition forcée de certains adjectifs, tels que sacrilège, ignoble, abject, infâme, monstrueux, impudique, obscène, etc. Le dictionnaire n’en a pas de plus expressifs, sans quoi nous en eussions fait usage.

Eugène de Mirecourt, Voltaire, ses hontes, ses crimes, ses œuvres et leurs conséquences sociales…, 1878


De tous les faits qui ont été rapportés, on doit conclure qu’Arouet-Voltaire fut mauvais fils, mauvais citoyen, ami faux, envieux, flatteur, ingrat, calomniateur, intéressé, intrigant, peu délicat, vindicatif, ambitieux de places, d’honneurs et de dignités, hypocrite, avare, intolérant, méchant, inhumain, despote, violent.

Lepan, Vie politique, littéraire et morale de Voltaire, 1817


Maintenant Voltaire nous est connu. Traître à sa foi comme à son pays, il se laissa dominer par les passions les plus viles : la cupidité, l’hypocrisie, la bassesse, l’envie, l’orgueil, la méchanceté se disputèrent son cœur. Son talent et son influence ne servirent qu’à l’erreur et au mal.

Louis Le Borgne de La Tour, Voltaire et sa statue ou Voltaire jugé par lui-même, 1867


Voltaire fut un mauvais fils, un mauvais ami, un mauvais citoyen, une mauvais Français, un mauvais savant, un mauvais historien, un mauvais philosophe, un mauvais libéral, un mauvais homme. […] Tel fut Voltaire, que l’on a prétendu être l’honneur de la raison humaine. C’est un des plus vilains caractères que nous montre l’histoire. Sa vie tout entière dépose contre lui et forme le dossier le plus formidable qui ait jamais existé à la charge d’un malfaiteur. Elle nous le montre, en effet, effronté, envieux, vaniteux, intolérant, égoïste, poltron, escroc, menteur, libertin, fourbe, singe, tigre, en un mot pervers sous tous les rapports. Les épithètes les plus humiliantes que l’on trouve dans le dictionnaire suffiraient à peine à le caractériser ; il réunit en lui seul la méchanceté des scélérats les plus abominables. Il est moins méchant et corrompu qu’il n’est la méchanceté et la corruption mêmes.

[Anonyme], La Voltairomanie, 1878


Tel fut Voltaire, ce possédé du démon.

Tel fut Voltaire, chef d’une école dégagée de foi, issue du protestantisme. Tel fut ce mécréant, ce réprouvé, cet hérétique enragé, ce furieux épileptique, insolent, grossier, vulgaire, commun, ordurier ; souple et plat avec les grands, dédaigneux et dur aux petits, caractère affreux, comme il s’en rencontre parmi les ennemis de la véritable Eglise, une, sainte, catholique, apostolique et romaine. […]


Résumons-nous : Avec une verve étincelante, un talent intarissable, Voltaire n’a pas de cœur. On sent qu’il manque absolument de bonté et de tendresse : on n’est ni bon ni tendre quand on n’est pas pieux.

C’est un mauvais homme, orgueilleux, chicanier, ignoblement avare, ainsi que le prouvent ses disputes avec une foule de gens pour des bagatelles ; immoral autant qu’un païen, raffiné, plat courtisan des rois et des princes, dur au peuple, insolent au pauvre monde, indique pour Jeanne d’Arc : — sa Pucelle est une ordure et une lâcheté.

Charles Bussy [Charles Marchal], Les Philosophes au pilori, étude historique, 1858, p. 49 et 56


Philosophes, penseurs, historiens, physiologistes, psychologues, poètes, romanciers ont tenu à dire leur mot, à exprimer leur opinion sur Voltaire. Ceux-ci l’ont porté au Capitole, ceux-là l’ont traîné aux gémonies. Les uns l’ont appelé colosse, les autres l’ont appelé charogne immonde. Quelque ignominieuse que paraisse la seconde qualification, elle se rapproche seule de la vérité.

Eugène de Mirecourt, La Queue de Voltaire, 1864, p. 146