Un homme dangereux

Plus dangereux mort que vivant…


Voltaire, c’est un siècle, c’est un parti, c’est le généralissime plus ou moins avoué de tous les incroyants.

(La Voltairomanie, par l’abbé Berseaux, 1878)


Voltaire est mort, mais ses œuvres vivent et nous tuent.

(Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, 1821)


Du sein de la tombe où ses cendres reposent, il souffle encore ses fureurs impies, il empoisonne, il ravage encore la terre. Ses opinions, ses écrits, dont elle est à jamais infestée, y perpétuent l’œuvre de sa vie mortelle.

(Joseph Grambert, La Voltairiade, 1815)


Enfin, nos propres yeux ont été les tristes témoins des troubles, des renversements, des fruits de mort de toute espèce qu’a produits cette horrible semence. Les disciples ardents de Voltaire ont voulu mettre ses leçons en pratique. Ils ont bouleversé à la fois tous les corps, les institutions, sur lesquels reposait depuis nombre de siècles la plus florissante monarchie, la plus illustre maison de l’univers. Ils ont abattu le trône des Bourbons, arraché la vie au plus juste des rois, profané les temples du Seigneur, renversé ses autels, égorgé ses ministres ; et enfin, par une entreprise dont le seul récit fait frémir, ils ont fait publiquement abjuration du culte chrétien, et couvert de honte la nation entière, au nom de laquelle ils ont proclamé la plus exécrable apostasie.

(Louis Silvy, Les Fidèles catholiques aux évêques, au sujet des nouvelles éditions de Voltaire et de Rousseau, 1817)


Le vampire philosophique suce encore tous les jours le sang des populations chrétiennes.

(Eugène de Mirecourt, La Queue de Voltaire, 1864)


Ainsi le tour sera joué, un funeste poison circulera dans les membres les plus vigoureux du corps social. Ces braves gens, fanatisés par la lecture d’écrits pernicieux, concevront peu à peu une haine profonde pour toute espèce d’autorité ; ils deviendront à leur insu ennemis de l’ordre établi qu’ils voudront renverser, se croyant appelés à régénérer leur pays. C’est ainsi qu’insensiblement se forment, grandissent et éclatent ces révolutions intestines qui laissent après elles tant de ruines et de malheurs ! C’est ce but fatal qu’on veut atteindre, et on a l’air de ne pas s’en douter !

(La Statue du dieu Voltaire, par Valentin Gallet, 1867)


Voltaire est mort, et son œuvre a porté ses fruits – fruits amers et empoisonnés. (Eugène de Mirecourt, La Queue de Voltaire, 1864)


On aurait tort de soutenir que le bélier voltairien ne manœuvre plus et ne continue plus sa démolition ; seulement, après avoir attaqué le faîte de l’édifice, il dirige à présent ses coups obstinés sur la base. Vous qui êtes en haut, regardez au-dessous de vous : c’est là que l’ennemi travaille.

(Eugène de Mirecourt, La Queue de Voltaire, 1864)