Voltaire infâme

A l’automne 2015 s’est tenue à l’orangerie du château de Voltaire une table ronde consacrée à « l’infâme Voltaire » qu’une pléiade de bien-pensants ont voué aux gémonies tout au long du XIXe siècle. Ci-dessous ainsi que dans les chapitres annexes, grâce à une compilation due à André Magnan, quelques exemples, titres et réflexions sur cet anti-voltairianisme dont les flammes ne sont pas encore totalement éteintes…


« De tous les faits qui ont été rapportés, on doit conclure qu’Arouet-Voltaire fut mauvais fils, mauvais citoyen, ami faux, envieux, flatteur, ingrat, calomniateur, intéressé, intrigant, peu délicat, vindicatif, ambitieux de places, d’honneurs et de dignités, hypocrite, avare, intolérant, méchant, inhumain, despote, violent. »

Lepan, Vie politique, littéraire et morale de Voltaire, 1817


« Voltaire est mort, mais ses œuvres vivent et nous tuent. »

(Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, 1821)


« Le vampire philosophique suce encore tous les jours le sang des populations chrétiennes. »

(Eugène de Mirecourt, La Queue de Voltaire, 1864)


« Maintenant Voltaire nous est connu. Traître à sa foi comme à son pays, il se laissa dominer par les passions les plus viles : la cupidité, l’hypocrisie, la bassesse, l’envie, l’orgueil, la méchanceté se disputèrent son cœur. Son talent et son influence ne servirent qu’à l’erreur et au mal. »

Louis Le Borgne de La Tour, Voltaire et sa statue ou Voltaire jugé par lui-même, 1867


« Voltaire fut un mauvais fils, un mauvais ami, un mauvais citoyen, une mauvais Français, un mauvais savant, un mauvais historien, un mauvais philosophe, un mauvais libéral, un mauvais homme. […] Tel fut Voltaire, que l’on a prétendu être l’honneur de la raison humaine. C’est un des plus vilains caractères que nous montre l’histoire. Sa vie tout entière dépose contre lui et forme le dossier le plus formidable qui ait jamais existé à la charge d’un malfaiteur. Elle nous le montre, en effet, effronté, envieux, vaniteux, intolérant, égoïste, poltron, escroc, menteur, libertin, fourbe, singe, tigre, en un mot pervers sous tous les rapports. Les épithètes les plus humiliantes que l’on trouve dans le dictionnaire suffiraient à peine à le caractériser ; il réunit en lui seul la méchanceté des scélérats les plus abominables. Il est moins méchant et corrompu qu’il n’est la méchanceté et la corruption mêmes. »

[Anonyme], La Voltairomanie, 1878


« Enfin, il terminait toutes ses lettres à ses lieutenants par sa formule ordinaire : Ecrasons l’inf… L’infâme, c’était lui ! »

Histoire de la vie et des ouvrages de Voltaire, suivie des jugements qu’ont portés de cet homme célèbre divers auteurs estimés, par L. Paillet de Warcy, Paris, Mme Dufriche, 1824, 2 vol., t. I, p. 177.


[Quelques titres d’ouvrages écrits contre Voltaire (1814-1878)]

La philosophie rendue à ses vrais principes ou Cours d’étude sur la religion, la morale et les principes de l’ordre social, pour servir à l’instruction de la jeunesse, par MM. Mutin, Salgues et Jondot, 1800

Voltaire, ou le Triomphe de la philosophie moderne, par Joseph Berchoux, 1814

La Voltairiade, ou Aventures de Voltaire dans l’autre monde, par Joseph Grambert, 1815

La philosophie du XVIIIe siècle dévoilée par elle-même, par Pierre Gourju, 1816

Vie politique, littéraire et morale de Voltaire, où l’on réfute Condorcet et ses autres historiens, par Edouard-Joseph-Marie Lepan, 1817

Instruction pastorale de Mgr de Boulogne […] sur l’impression des mauvais livres et notamment sur les nouvelles œuvres de Voltaire et de J.-J. Rousseau, 1821

De l’épuration de Voltaire ou Voltaire neutralisé par la religion et la morale, par Auguste Hus, 1823

Les Philosophes au pilori. Etude historique, par Charles Bussy [Charles Marchal], 1858

Voltaire et sa statue, ou Voltaire jugé par lui-même, par Louis Le Borgne de La Tour, 1867

La Statue de Voltaire érigée par lui-même, par Charles Chevé, 1867

Voltaire au pilori, par Barnabé Chauvelot, 1867

La Statue de Voltaire, qui la paiera ?, par P. Fretté, 1868

Pétition contre l’érection d’une statue à Voltaire sur une place publique, [Anonyme], 1869

Voltaire ennemi de Dieu, de la France et du peuple, par un ermite en vacances, œuvre de propagande, [Anonyme], Bordeaux, 1875

Voltaire, ses hontes, ses crimes, ses œuvres et leurs conséquences sociales. Revue historique et critique au sujet du centenaire projeté, par Armel de Kervan [Eugène de Mirecourt], 1877

Voltaire insulteur de la France et flatteur du roi de Prusse – Voltaire insulteur du peuple, partisan de la tyrannie, ennemi de l’instruction publique, [Anonyme], 1878

L’Infâme Voltaire, [Anonyme], Marseille, 1878

La Voltairomanie, par M. l’abbé Berseaux, 1878