Balzac

Balzac

« Il faut que les quatre cents législateurs dont jouit la France, sachent que la littérature est au dessus d’eux. Que la Terreur, que Napoléon, que Louis XIV, que Tibère, que les pouvoirs les plus violents, comme les institutions les plus fortes disparaît devant l’écrivain qui se fait la voix de son siècle. Ce fait-là s’appelle Tacite, s’appelle Luther, s’appelle Calvin, s’appelle Voltaire, Jean-Jacques, il s’appelle Chateaubriand, Benjamin Constant, Staël, il s’appelle aujourd’hui JOURNAL. Voltaire et les encyclopédistes ont brisé les Jésuites qui recommençaient les Templiers, et qui étaient la plus grande puissance parasite des temps modernes. Si quinze hommes de talent se coalisaient en France, et avaient un chef qui pût valoir Voltaire, la plaisanterie qu’on nomme le gouvernement constitutionnel, et qui a pour base la perpétuelle intronisation de la médiocrité, cesserait bientôt »

Balzac, Préface de la Troisième partie de Illusions perdues, mars 1844, in Illusions perdues, Folio classique, p. 699.

Sur dix ovations obtenues par des hommes vivants et décernées au sein de la patrie, il y en a neuf dont les causes sont étrangères au grand couronné. Le triomphe de Voltaire sur les planches du Théâtre-Français n’était-il pas celui de la philosophie de son siècle ? En France on ne peut triompher que quand tout le monde se couronne sur la tête du triomphateur ».

Balzac, Illusions perdues, Folio classique, p. 581.

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