Dutertre

DUTERTRE, Robert ne semble pas avoir laissé d’autre trace, ni en franc-maçonnerie, ni en poésie, qu’un Eloge de Voltaire apparemment juvénile, couronné en 1877 dans un « Concours de la Muse Républicaine » — revue littéraire et politique du temps — et publié dans la même brochure que notre texte précédent. De cette suite appliquée de dix-sept sizains, j’ai retenu la figure ultime d’un Voltaire en nouveau Prophète d’un laïcisme quasi religieux :


 

Il a paré de fleurs la sainte Tolérance,

Et mis une auréole au front de l’Espérance ;

Il a déraciné tout faux dogme romain

Et du libre-penseur rêvé la délivrance ;

Enfin il a voulu, par le droit d’examen,

Relever le niveau de l’intellect humain.

 

Après avoir des rois pris la juste mesure

Et reçu d’eux, souvent, une vive blessure,

Il mit secrètement un germe dans un œuf

Et put dès lors prévoir, par prescience sûre,

Que, couvé par le temps jusqu’en Quatre-Vingt-Neuf,

Il en naîtrait un monde, à l’esprit libre et neuf.

 

Nous allons, l’an prochain, fêter son Centenaire.

Les moines peuvent bien d’un règne imaginaire

Invoquer le retour au pied du Crucifix.

Le Prophète inspiré que la France vénère,

En dépit des clameurs, des rages, des défis,

C’est Voltaire le Grand — et nous sommes ses fils !

 

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