Germain

GERMAIN, A., haut fonctionnaire, conseiller d’Etat, vénérable de la Loge La Sincérité de l’Eure, à l’Orient d’Evreux. Il fait le lien entre les derniers temps de la Loge des Neuf Sœurs (années 1840) et la seconde renaissance du Grand Orient de France (années 1860). Voici deux extraits de sa présentation d’une brochure de 1874 consacrée au poème qui précède, à l’initiation de Voltaire et à la loge influente des Trinosophes, qu’il avait présidée. Voir la bibliographie.


[…] La franc-maçonnerie, quoique frappée par les foudres du Vatican, quoique calomniée, ne poursuit pas moins son œuvre morale avec un courage énergique ; elle progresse, elle occupe une large place dans la France de Rabelais et de Voltaire ; elle vient faire entendre sa voix libre et indépendante pour la défense des grands principes philosophiques inscrits dans les institutions maçonniques, elle est fière de parler sous l’éminent patronage du plus grand nom dont s’enorgueillit la France : VOLTAIRE.

Quand on essaie de nous faire retourner en arrière, il est bon de rappeler que cet homme immortel a été par ses écrits le précurseur de la Révolution française ; il a enseigné à nos pères le mépris réfléchi des religions, des mœurs et des lois du passé, mépris qui les affranchissait de toutes les mauvaises traditions en les remettant en pleine possession d’eux-mêmes, en ne les faisant plus relever, par la liberté et la tolérance, que de leur conscience et de leur volonté, en communiquant à la génération nouvelles une sorte de toute-puissance révolutionnaire. […]

La bienfaisance, la haine de l’injustice, de l’oppression, ont été chez lui une véritable passion ; le sentiment d’une bonté active le dominait, il aimait les malheureux, il les secourait, plus qu’il ne haïssait ses ennemis. — l’amour de la gloire ne fut chez lui qu’un sentiment subordonné au sentiment de l’humanité. Il a existé peu d’hommes qui aient honoré leur vie par plus de bonnes actions et qui l’aient souillé par moins d’hypocrisie. […]

Voltaire a été la glorieuse personnification du génie et de l’âme de la France, la providence de notre société laïque, souffle veillant et faisant sentinelle dans les époques de tolérance, de progrès, d’instruction, de liberté ; les efforts de ses ennemis ensoutannés auront beau faire, sa pensée philosophique survivra impérissablement.

Si l’on considère l’ensemble de sa longue carrière, consacrée tout entière à une seule et noble idée, on doit vénérer profondément sa mémoire. Son amour de la tolérance, de la liberté de conscience, son indignation contre toute oppression, sa défense courageuse des Calas, des Sirven, de La Barre, de Lally, etc. etc. font de lui un type éminent. Il est dans la bataille pour la bonne cause, il se bat bien, honneur à lui !

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