Programme 2010

Jeudi 8 mai 2010

Publication par le Centre international d’étude du XVIIIe siècle et la Société Voltaire d’un livre et d’un CD audio consacrés au Candide de Jean Tardieu et Claude Arrieu, tel que diffusé par la radio française le 10 septembre 1946.

Audition publique de ce magnifique document sonore, assorti d’un théâtre d’ombres représentant Candide autour du monde.

Orangerie du Château de Voltaire, 18h30. Le grand salon du château de Voltaire vibre des textes, des sons, des voix et des musiques du Candide de Voltaire, dans l’adaptation radiophonique de Jean Tardieu, diffusée pour la dernière fois en… 1946. Introuvable, ce document n’était plus connu que des spécialistes du «théâtre pour l’oreille» des années 1940, dont il illustre si brillamment l’esprit, l’art et l’ambition. Après plus de soixante ans, ce précieux enregistrement, mis en musique par Claude Arrieu et diffusé au lendemain de la Libération, nous revient aujourd’hui sous la forme d’un livre-CD édité par la Société Voltaire avec tous les éclairages nécessaires, restituant la magie de la radio dans ce qu’elle a pu produire de meilleur: une scène invisible, immatérielle mais incarnée, hantée, enchantée par des voix et des bruitages – et même ici par une musique qui, tenant à l’histoire de l’œuvre, ajoute au plaisir de la retrouver.

Cette œuvre exceptionnelle sera présentée au château de Voltaire à 18h30 le 8 mai 2010, entrée libre sur réservation à cieds@c18.net ou à l’Office de tourisme de Ferney-Voltaire (04 50 28 09 16). Le livre-CD sera disponible dès le 8 mai, 20 euros — voir http://c18.net/18/p.php?nom=p_tardieu

Vendredi 14 mai

Ouverture de l’exposition « Voltaire au centre de Ferney ». 

Autour de la statue de Voltaire par Emile Lambert, le Ferney que Voltaire a bâti en vingt ans (maisons, fermes, ateliers, etc.). Présentation de films et de vidéos relatant la vie de Voltaire à Ferney.

Pour visionner un extrait du film: http://www.youtube.com/watch?v=d1ImUsRthFw&layer_token=f827004b50b74151

 

Samedi 29 mai

Fréron contre Voltaire

Conférence : « Fréron contre Voltaire » par François Bessire, président de la Société Voltaire. Journaliste, critique, auteur de l’Année littéraire, Fréron fut un des premiers à brocarder Voltaire, qui lui en garda toute sa vie un acide ressentiment. Château de Voltaire, 18h30, entrée libre. http://societe-voltaire.org/

 

Dimanche 30 mai 2010

Excursion voltairienne à Prangins et Coppet

Déplacement en car et en bateau, visite commentée des deux châteaux

Départ de Ferney à 9h00 (parking de la mairie)

* Le matin, déplacement en car et visite du château de Prangins (Musée national suisse), premier lieu où le philosophe s’arrêta en Suisse après son départ de Prusse.

* Repas de midi au café du Château de Prangins (facultatif)

* L’après-midi, étape au château de Coppet (Jacques Necker et Mme de Stael).

* En fin d’après-midi, retour en bateau de Coppet à Genève, puis retour à Ferney en car.

 

Vendredi 24 juin

Château de Voltaire, 18h30, entrée libre

Monsieur de Saint-George, le Nègre des Lumières

Conférence d’Alain Guédé

Fils d’une esclave d’origine sénégalaise et d’un planteur noble, Saint-George est né en Guadeloupe en 1739. Il a un peu moins de 10 ans lorsque son père, Guillaume-Pierre Tavernier de Boullongne, rentre en France avec ce jeune mulâtre et sa mère et décide d’accorder à son fils l’éducation qui était réservée traditionnellement aux enfants de la haute aristocratie.

Saint-George s’impose très vite comme l’escrimeur le plus fameux de Paris puis devient « champion » – à l’époque on employait le terme « dieu » – de France d’escrime. Mais il est surtout, un violoniste prodigieux et un chef d’orchestre admiré qui hisse sa formation au rang de meilleur orchestre européen. Mozart le jalouse mais s’inspire de ses oeuvres.

Il devient vite le professeur de musique et l’un des compositeurs favoris de la reine Marie-Antoinette qui assiste à nombre de ses concerts et c’est lui qui commande à Haydn ses 6 symphonies parisiennes dont il dirige la création au palais des Tuileries en présence de la souveraine. Celle-ci décide de le nommer directeur de l’Académie royale de musique et de Opéra royal, un poste qui avait été créé pour Lulli et donnait autorité à son titulaire sur tous les concerts organisés en France.

Cette décision de Marie-Antoinette déclenche alors une violente polémique d’ordre raciste, de nombreuses personnalités rejetant l’idée qu’un homme à la peau noire puisse diriger le plus prestigieux opéra du monde et avoir un droit de regard sur les créations. La Reine doit finalement renoncer.

Cet échec inspire à Saint-George une prise de conscience : il s’engage dès lors dans le mouvement des Lumières, fréquente les salons philosophiques et la société des Amis des Noirs au coté de Condorcet, et devient l’intime d’un homme de progrès, le Duc d’Orléans qui en fait le 1er franc-maçon à la peau noire. Saint-George accompagne souvent celui qui restera célèbre sous le surnom de Philippe Egalité à Londres. Il y devient l’ami intime du Prince de Galles. A Londres, Saint-George va structurer cette intelligentsia française vivant sur les bords de la Tamise afin qu’elle soutienne la Révolution.

Au début de 1790, il rentre en France, s’engage dans la Garde nationale, puis va créer un régiment de noirs et métis tous engagés pour défendre la Patrie en danger. Il est le 1er colonel de l’armée française à la peau noire. Le 13e régiment de hussards sera rapidement surnommé la « Légion de Saint-George » par la Convention. Son lieutenant n’est autre que le futur général Dumas (d’origine haïtienne), père du romancier. Saint-George sauvera la République en arrêtant, dans Lille, l’armée que Dumouriez fait marcher sur Paris afin de rétablir la monarchie après l’exécution de Louis XVI.

Emprisonné sous la Terreur en tant que proche du duc d’Orléans, il reste 11 mois dans le couloir de la mort. Puis, après s’être déplacé en Haïti pour aider Toussaint-Louverture, il reprend ses activités musicales, redevenant le chef d’orchestre adulé qu’il avait été avant la Révolution. Il est fauché par la maladie en pleine gloire en juin 1799. Une 2e mort frappera son oeuvre 3 ans après : après le rétablissement de l’esclavage en 1802, ses pièces cesseront d’être jouées. (Extrait de www.hiram.be/)

Avec quelques moments musicaux composés par le chevalier de Saint-George.Plus d’informations: cliquez ici

Alain Guédé

Alain Guédé, journaliste au Canard enchaîné, a rencontré Saint-George au hasard d’une programmation musicale. Son oreille lui disait Mozart, c’était Saint-George en réalité qu’il écoutait (est-il vraiment possible de les confondre ?). Plutôt curieux, il se renseigne : quelques citations dans des traités d’escrime, une mention comme chef des Concerts de la Loge Olympique. Parfois appelé « Watteau de la musique », il a été l’intermédiaire du Comte d’Ogny lorsque celui-ci passa commande de 6 Symphonies à Haydn ! Mais il fut aussi le premier franc-maçon noir en France, le fondateur du premier régiment composé de noirs et de métis, la Légion Saint-George, etc. Pourquoi est-il alors tombé dans l’oubli ? Guédé parle d’un naufragé de l’Histoire.

Vendredi 25 juin

Renaissance cadienne

Musiques et danses de Louisiane

Salle du Levant, 20h30. Entrée: 20€.

Spectacle de la troupe « Renaissance Cadienne », groupe de chants, musiques et danses venu spécialement de Louisiane, à l’occasion du 250e anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham ayant entraîné la perte du Canada puis l’exil des Acadiens français vers les bayous de Louisiane.

Dans le monde renversé des bayous et des prairies louisianais, les jacinthes poussent dans l’eau et la mousse pousse dans les arbres. L’érable met du rouge au printemps et le chêne reste vert en hiver. Les bayous indécis coulent dans les deux sens, les piments mettent des années pour devenir sauce, et les marais prennent leurs temps avant de se perdre silencieusement dans le Golfe de Mexique. 

Par contre, les rites de passage se proclament bruyamment: le Mardi Gras, le bal de maison, le mariage et le bal de noces..le tout marqué par la musique…une musique qui définit les saisons et les rites et les vies et les générations. Comme le Meschacébé qui absorbe les fleuves, notre musique née en France et nourrie par les Acadiens et les Africains, par les Québecois, par les Anglais et les Irlandais et les Espagnols, porte en elle la sueur et les larmes de ceux qui l’ont formée. C’est surtout une musique qui invite à rêver. 

Mission. Composée d’une vingtaine de membres et basée à Lafayette, Louisiane, Renaissance Cadienne est dédiée à la préservation du patrimoine louisianais. La seule troupe folklorique acadienne louisianaise, elle cible la musique exécutée en Louisiane pendant la période coloniale et au XIXº siècle, tout en ajoutant de nouveaux éléments du folklore louisianais qui est toujours en train d’évoluer. 

Programme. La partie « danses et chansons » de notre programme démontre des danses que nos aiëux ont dansées, comme la contredanse et le reel qui proviennent de la tradition canadienne, la danse à la patate, et les danses rondes dansées pendant le Carême. Des recherches profondes ont révélé aussi la bourrée, la mazurka, la schottische, et la Quadrille des Lanciers, apportée en Louisiane par les soldats de Napoleon III. Bien sûr, les danses contemporaines comme la valse, la gigue et le two-step font partie du programme aussi, comme nous vivons au vingt et unième siècle! 

La deuxième moitié du programme recrée un mariage et un bal de noces de l’an 1900. Ce bal en costume authentique met en scène les chansons, danses et traditions de 1900 et raconte l’histoire d’un couple pour qui le mariage d’une fille marque une nouvelle étape dans leur vie ensemble. 
http://www.renaissancecadienne.org/fr-main.html

 

Vendredi 17 septembre 2010

Voltaire et Valéry

Conférence d’André Magnan (18h30, château de Voltaire)

Voltaire s’installa à Ferney à un âge « où les carrières communément s’achèvent, où il était en possession de toute la renommée que les Lettres peuvent donner à quelqu’un, admiré de toutes parts, riche, n’ayant plus qu’à jouir de cette universalité légère qui se jouait dans l’atmosphère encyclopédique de son temps, si enivrant pour l’intelligence, dont ce temps fut l’âge d’or…» comme le dit Paul Valéry dans son discours sur Voltaire prononcé en 1944 à la Sorbonne. Et c’est pourtant alors qu’il se lance avec passion dans la défense acharnée de la liberté de l’esprit, sachantpertinemment ce qu’elle vaut et ce qu’elle coûte. La soixantaine dépassée il met toute son énergie, son prestige et son talent dans une véritable action politique à base judiciaire. Il porte les affaires dont il s’occupe «devant ce juge encore peu conscient de l’être en dernier ressort, encore ignorant de sa compétenceet de son pouvoir, l’HOMME.» (Paul Valéry).

 

Samedi 18 et dimanche 19 septembre

Journées du Patrimoine

Les associations voltairiennes accueillent le public à l’Atelier du Livre du Centre international d’étude du XVIIIe siècle (26 Grand’rue). Impression de textes de Voltaire sur une presse à l’ancienne.

Projection de films et présentation de documents voltairiens.

 

 

 

 

 

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